Thomas Malahel, moniteur de parachutisme à Tallard : « Après 20 ans et 16 000 sauts, la sensation reste toujours aussi grisante »

Certaines rencontres donnent envie de respirer plus fort, de regarder plus loin. Celle que nous vous proposons aujourd’hui en fait partie. À Tallard, petit paradis de la chute libre niché dans les Hautes‑Alpes, vit un homme qui a fait du ciel son terrain de jeu quotidien : Thomas Malahel.
Depuis plus de vingt ans, il évolue dans le monde du parachutisme en tant que moniteur confirmé, avec plus de 16 000 sauts à son actif.
Il accompagne novices comme passionnés dans cette expérience qui bouscule les certitudes : sauter dans le vide, pour mieux se retrouver.

À deux heures de Marseille, non loin de GAP, Thomas transmet avec simplicité et précision une discipline qui exige confiance, maîtrise… et une bonne dose d’humilité. Son parcours, son regard sur ce métier rare, ses anecdotes et sa philosophie du vol : il nous raconte ici ce que signifie consacrer sa vie à l’adrénaline, à la pédagogie et à l’humain.

Thomas Malahel, moniteur de parachutisme à Tallard près de Gap

Quels sont les critères fondamentaux pour devenir un bon moniteur de parachutisme ?
La passion , la pédagogie, la patience.

Quel est le briefing le plus important que vous donnez systématiquement avant un saut, même à des parachutistes expérimentés ?
Comment atterrir sur le terrain surtout quand ils ne le connaissent pas.

Votre entreprise propose-t-elle uniquement des sauts en tandem ou des formations plus poussées ?
Non, nous proposons également la PAC, la Progression Accompagnée en Chute , stage qui permet de devenir autonome en 5 jours, puis de sauter seul en toute sécurité.

Pouvez-vous décrire le processus de formation de quelqu’un qui veut devenir parachutiste autonome ?
Il faut réaliser un stage comprenant 7 sauts qu’on appelle la PAC, le 1er avec 2 moniteurs puis 5 avec son moniteur, et enfin le dernier en solo. Une radio vous assiste pour la partie sous voile durant tout le stage. On enlève la radio un peu plus tard dans la progression.

Avez-vous un type d’élève ou un profil qui vous marque plus que d’autres dans vos expériences de formation ou en tandem ?
L’élève qui manque de confiance en lui et à qui le stage ou le saut va permettre de débloquer quelque chose en lui qui va lui permettre d’avancer.

Que faites-vous pour maintenir vos compétences au plus haut niveau, même après autant d’années dans le domaine ?
Continuer à sauter pour le plaisir et utiliser le simulateur de chute libre pour continuer à travailler techniquement de manière condensée.

Avec autant d’élèves et de débutants, est-ce parfois stressant d’avoir leur sécurité entre vos mains ?
Je dirais que c’est souvent le cas pour un moniteur débutant mais heureusement on se sent mieux avec l’expérience. Même si pour le stage PAC, il existe toujours une forte responsabilité qui pousse l’humilité et la prudence.

Thomas Malahel : Même si on se sent mieux avec l’expérience, avoir la sécurité des débutants entre nos mains pousse toujours à l’humilité et à la prudence.

Avez-vous remarqué des évolutions majeures dans les équipements ou les techniques de parachutisme ces dernières années ?
En tout cas dans les années 2000, le matériel et la législation ont fortement renforcé la sécurité du sport en général.

Le parachutisme est-il une discipline en constante évolution ? Quelles sont les grandes tendances actuelles ?
Le grand changement dans le parachutisme est l’avènement de la démocratisation de la soufflerie, simulateur de chute libre indoor et qui a permis de révolutionner l’étude de vol humain. Aujourd’hui il est courant d’accélérer son niveau en chute libre grâce au simulateur alors qu’avant il fallait compter surtout sur le nombre de sauts pour progresser.

 » Le simulateur de chute libre indoor permet désormais de rapidement progresser en chute libre « 

Quelles sont les principales erreurs que vous voyez chez les débutants, et comment les corrigez-vous ?
La plus dur est souvent de réussir à être suffisamment relâché du haut du corps tout en étant gainé avec la sangle abdominale et les jambes. Nous avons des exercices spécifiques pour aider les élèves à le comprendre au sol.

Comment gérez-vous les imprévus ou les incidents pendant un saut ?
Ils existent des procédures de secours pour les différents cas. Elles sont enseignées dès le 1er cours et revues lors des passages des brevets, ou des reprises en début de saison.

En guise de conclusion, quel serait selon vous le mot qui résume le mieux le parachutisme ?
Adrénaline 100% naturelle !

Un grand merci à Thomas Malahel pour le temps qu’il nous a consacré et pour la richesse de ses réponses. Si vous souhaitez découvrir les sauts proposés à l’aérodrome de Tallard, rendez-vous ici : https://parachutisme-tallard.com